Suis-je fait(e) pour être entrepreneur ?

Devenir son propre patron est le rêve de nombreux congolais, surtout en ce moment où l’envie de changer de vie est très pressent, alors que nous sommes toujours en pleine crise socio-économique, en anime plus d’un. Mais sommes-nous tous faits pour devenir entrepreneurs ? Chacun a t’il la flamme en lui/elle ? La motivation, les capacités, la résilience, l’autonomie sont-ils tous ancrés en nous ? Pas si sûr… Car la vie d’entrepreneur est bien loin des clichés véhiculés par les témoignages idylliques de ceux qui l’ont fait…

Vaincre ses peurs

Être entrepreneur c’est en premier lieu vaincre ses peurs : la peur de ne pas gagner assez, de ne pas pouvoir payer toutes ses factures ou de ne plus assurer son train de vie, d’échouer tout simplement. Mais aussi la peur de devenir quelqu’un d’autre, de ne plus être compris par ses proches, d’explorer des chemins inconnus loin de sa zone de confort. La peur de ne pas arriver à tout gérer. Car quand on devient son propre patron, on doit s’occuper de tout, être polyvalent. On ne peut pas appeler le service maintenance en cas de panne de l’imprimante, ou sa secrétaire pour caler un rdv hyper important. On fait tout et on doit savoir tout faire. Certes on peut déléguer, mais cela coute de l’argent et au début on n’en n’a pas. Puis quand on en a, on pense enfin à se payer avant de rémunérer quelqu’un d’autre !

L’auto-motivation

Quand on devient entrepreneur, on se retrouve seul devant soi-même. Personne n’est là pour nous dire quoi faire, c’est à nous de nous prendre en mains. Si le travail n’est pas fait, même si on ne l’aime pas (par exemple des tableaux excel, ou du démarchage clients), il faudra bien le faire, car personne ne le fera à notre place. Si on est du genre à procrastiner, à remettre à plus tard tout ce qu’on n’a pas envie de faire, il faut peut-être penser à un autre job, ou s’associer, mais encore faut-il que le travail soit partagé équitablement… L’auto-motivation est une qualité essentielle de l’entrepreneur, sans elle, vous n’irez pas loin, il vaut mieux dans ces cas rester salarié(e) et mettre en place des projets d’intrapreneuriat, où il y aura toujours un N+1 qui vous boostera, même si vous aurez la sensation d’avoir créer quelque chose.

Les ascenseurs émotionnels

L’entrepreneur doit avoir une capacité de résilience immense. Car il n’est pas rare de passer du rire aux larmes, ou de l’euphorie au désespoir dans une même journée. Un contrat signé le matin, une commande annulée l’après-midi, c’est le quotidien de l’entrepreneur. Cela peut être épuisant, et nous manger totalement sur le long terme, si on n’apprend pas à gérer ces situations. Et si en plus une crise sanitaire s’installe, avec des mesures inédites pour lesquelles vous n’avez pas de solution immédiate, imaginez ce que cela peut donner ! Mais bonne nouvelle, il parait que les entrepreneurs ont une volonté supérieure à la moyenne, capables de se sortir de toutes les pires situations quoi qu’il arrive.

Le soutien de son entourage

L’entrepreneur est très seul dans son cheminement, c’est pourquoi il a besoin d’être soutenu par sa famille. Son conjoint(e) et ses enfants doivent accepter de réduire leur niveau de vie, de ne plus partir trois semaines de vacances d’affilée, de travailler le dimanche, d’avoir un bureau ou un espace de stockage dans la maison… Devenir entrepreneur engage toute la famille ! Idem pour les amis, la plupart ne croira pas en votre projet, non pas parce qu’ils l’ont étudié sous toutes ses coutures, mais parce qu’ils rêvent secrètement de faire comme vous, sans avoir le courage de se lancer. Alors espérer votre échec leur donnera l’illusion qu’ils ont bien fait de ne pas se lancer. Choisissez donc bien vos amis, gardez seulement ceux qui croient en vous et vous tirent vers le haut.

Travailler beaucoup

Si vous voulez devenir entrepreneur pour travailler moins et avoir du temps pour vous, il faut oublier ! Certes vous pourrez aménager votre emploi du temps à votre guise (et encore…), pour pouvoir aller au cinéma en journée ou chercher vos enfants à l’école, mais il faudra compenser en travaillant le soir ou les week-ends. Les semaines font plutôt 70h que 35h… Ne ramenez même pas votre rémunération au taux horaire, vous seriez totalement déprimé(e)… Car en plus on dit que les trois premières années, on ne se paye pas. Comptez cinq années pour commencer à en vivre correctement.

Oublier la retraite dorée

Quand on a 30 ans, on ne pense pas à sa retraite, mais à 40 ans à 10 ans de la cinquantaine, on commence à se poser des questions et un petit récapitulatif de ses droits à la CNSS (Caisse Nationale de Sécurité Sociale), si vous cotisez bien sûr vous donne une idée de ce que vous pouvez espérer percevoir le jour où vous déciderez de partir vivre au soleil. Et là mauvaise nouvelle, malgré les cotisations exorbitantes vous ne toucherez quasiment rien. Vous avez vraiment intérêt à avoir une entreprise qui pourra se revendre un bon prix, avoir souscrit une assurance-vie ou acheté quelques appartements mis en location…

Ce sont quelques-unes des facettes de l’entrepreneuriat qui vous invitent à vous questionner sur vos motivations. Il est bon de le savoir avant de se lancer, mais vous les oublierez vite une fois votre projet mis en place. Dans le feu de l’action et avec l’expérience, on oublie tout ça – sauf dans les moments difficiles – et on sait qu’on ne pourra jamais être (ou redevenir) salarié(e). Car l’entrepreneuriat est une liberté que le salariat ne pourra jamais offrir quelque soit le poste et les fonctions occupés. Il est donc important de savoir ce qui compte pour vous dans la vie : la sécurité, la liberté, le sens, la rémunération, la créativité, la polyvalence, la vie en équipe…. Et de choisir votre nouvelle vie en toute sérénité.

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